Edito Olivier Bogillot – Événement du 02 mars 2021

Edito Olivier Bogillot – Événement du 02 mars 2021

Edito Olivier Bogillot – Événement du 02 mars 2021 150 150 FEFIS

 

La FEFIS a accueilli Syntec Numérique comme membre associé depuis plus de trois ans car nos deux fédérations avaient déjà perçu l’intérêt d’un rapprochement autour de la e-Santé. Il existe en effet des enjeux communs extrêmement forts entre nos deux filières, avec des promesses de croissance et de création d’emplois inégalées. La production et l’utilisation de la donnée de santé sont le point commun entre beaucoup des entreprises de nos deux fédérations et c’est pourquoi, il nous a semblé essentiel, à Godefroy de Bentzmann et à moi-même, de prendre le temps d’un échange approfondi en commun sur les conditions de développement de cette filière et les perspectives qui en découlent.

Avec plus 1 700 entreprises en France, dont 200 en e-santé, le marché de la Healthtech représente 90 milliards d’euros de chiffres d’affaires et près de 455 000 emplois. En octobre 2019, le cabinet de conseil Frost & Sullivan estimait à 234,5 milliards de dollars, la valeur du marché mondial de la santé numérique d’ici 2023, une hausse de près de 160 % par rapport à 2019.

Identifiées comme l’une des filières d’avenir pour l’industrie française, les healthtech bénéficient d’un soutien particulier de l’Etat. Depuis la loi Ma Santé 2022, la E-Santé est devenue une composante essentielle de la modernisation et de l’efficience du système de santé. Avec l’ambition de faire de la France, un lieu propice au développement de l’IA, tête de pont en Europe, le gouvernement a lancé des mesures essentielles à l’amélioration globale de l’usage et de l’exploitation des données de santé :

• La généralisation du dossier médical partagé (DMP), élément indispensable au développement de l’IA.

• Le développement de l’ordonnance électronique pour alimenter le DMP et ainsi améliorer la qualité des données récoltées.

• Le développement de la télémédecine, en particulier télé surveillance, télé expertise et la téléconsultation (spectaculaire depuis un an avec la Crise Covid), permet de générer un grand volume de données.

• Le lancement du Health Data Hub fin 2019, le lancement d’AI for Health (avec l’Allemagne), et la création du Paris Santé Campus au Val de Grâce fin 2020 complètent cette action forte, avec le PIA IV et la promesse d’un PIECC.

La nécessité d’adopter les technologies numériques est acquise, mais leur généralisation reste trop limitée. Le potentiel apporté par l’innovation numérique doit être exploité plus systématiquement, de la R&D jusqu’au parcours de soins et la collaboration entre nos deux filières va permettre ce développement. Dans le même temps, dans un contexte économique contraint, l’innovation technologique, et en particulier le numérique, devient un des leviers majeurs de la modernisation et de l’industrie de la santé, requérant de nouveaux mécanismes d’évaluation et de réglementation.

L’émergence de la médecine des 4P (prédictive, préventive, personnalisée, participative) est porteuse d’opportunités pour les acteurs français. Elle doit toutefois être accompagnée de transformations réglementaires et organisationnelles du système de santé pour réaliser les promesses de qualité et d’efficience attendues. La médecine des 4P doit ainsi permettre de relier, par exemple, la recherche au soin clinique, l’industrie à l’hôpital, les résultats d’examens biologiques ou d’imagerie à la recherche épidémiologique…

La donnée doit donc pouvoir être intégrée tout au long de la chaîne du produit de santé – depuis l’usage jusqu’à la recherche – et elle doit être exploitable de bout en bout. Ce continuum de santé en particulier basé sur les données, est un modèle qui transforme profondément le rôle de tous les acteurs. Il nécessite entre autres de nouvelles compétences, demande une transformation des métiers et induit un mode de collaboration entre tous les acteurs. Il s’agit d’un déplacement et d’un partage de la valeur dont les règles restent à inventer et structurer. Le numérique ne peut répondre seul au développement de l’innovation mais il constitue une des clés de la modernisation des industries de santé en France.

Parmi les bouleversements majeurs, on peut retenir :

• Transformation des modèles d’affaires : évolution du modèle économique classique pour le faire passer du statut de «développement et fabricant de médicaments » à celui « d’offreur de solutions thérapeutiques», associant médicament et services ;

• … de la culture d’entreprise : évolution de la stratégie centrée médicament vers une stratégie centrée patient, dans une logique de partenariat avec les différents acteurs de l’écosystème ;

• et des modes de management : adaptation des métiers et des compétences pour répondre aux enjeux du numérique.

Lors de la matinée du 2 mars, tous ces sujets seront abordés avec brio, par les spécialistes issus des entreprises de nos deux fédérations et je souhaite que les échanges soient féconds.

Olivier Bogillot
Président de la FEFIS

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